Entre Montpellier et la mer, un paysage hybride mêlant pavillons, parkings et hangars tente aujourd’hui de se réinventer. Dans ces espaces se lisent encore les velléités d’un urbanisme né dans les années 1970, court-termiste, consumériste et pensé pour la voiture.
Le retour à la terre est-il l’eldorado d’un futur écologiste ou une vieille arnaque pour bourgeois en manque de nature ? Souvent moqué, le phénomène des néoruraux met en exergue des angles morts de la pensée stratégique chez les écolos.
Pendant que les grandes villes mondialisées s’inventent un futur durable et connecté, le reste des territoires s’enfonce dans la désindustrialisation et la précarité. Les métropoles occidentales semblent de plus en plus distantes de leurs périphéries. Entre elles, se creuse un fossé qui n’a jamais été aussi béant.
D’un côté les classes populaires blanches d’une « France périphérique » sacrifiée ; de l’autre une « France des tours » peuplée d’immigré·es enclavé·es dans leur ghetto ? Les sociologues Pierre Gilbert et Clara Deville montrent que, loin d’être antagonistes, ces populations ont en réalité beaucoup de points communs, comme autant de leviers stratégiques à partir desquels construire une alliance politique contre l’extrême droite.