Lobbying, think tanks, campagnes de désinformation massives… Aux États-Unis, l’industrie des énergies fossiles a depuis longtemps su faire feu de tout bois. Cet art consommé de la défense de ses intérêts, elle est aussi parvenue à le raffiner dans le champ politique, grâce à un Parti républicain lui étant aujourd’hui pleinement dévoué. Et depuis l'accession, en janvier 2025, de Donald Trump à la Maison-Blanche, il n’est pas près d’y avoir de l’eau dans le gaz.
L'administration Trump s'est donné pour mission de mettre au pas l'Agence fédérale de protection de l'environnement (EPA) et d'orchestrer son impuissance. Dans un tel climat, des milliers de fonctionnaires ont préféré prendre la tangente, laissant leurs ex-collègues mener une guerre intestine contre les énergies fossiles.
Face à la succession de reculs et aux coups portés aux organismes publics chargés des questions écologiques, une partie des agents de l’État s’interroge : rester pour tenter de peser de l’intérieur ou quitter un navire qu’ils voient dériver ? Ballottée par la perte de sens, usée par l’autocensure et en alerte face à la perspective d’une prise de pouvoir de l’extrême droite, la fonction publique navigue à vue.
Quand ils ne signent pas des tribunes, certains scientifiques, alertées par les crises écologiques, descendent dans la rue s’organisent collectivement et transforment leur savoir en instrument de mobilisation, non sans repenser leur discipline pour enrayer les désastres en cours et questionner cette injonction à la neutralité qui, jusque-là, enfermait la recherche dans une tour d’ivoire.